Histoire(s) de la SMN et du Plateau

L’histoire de la sidérurgie normande commence au tournant des XIXe et XXe siècles lorsque Alfred Thyssen, un industriel allemand recherche un emplacement pour installer une usine métallurgiste dévouée principalement à l’exportation.

La ville de Caen avec son port est toute désignée pour l’exportation des produits finis. De plus, la présence proche de la matière première (mine de fer de Soumont, carrière des Aucrais pour la castine) convainc le baron Thyssen de s’installer dans la région caennaise. Finalement installée sur un plateau calcaire à Colombelles sur les bords de l’Orne, l’usine connaît des débuts difficiles.

Très vite le contexte international, avec le déclenchement de la première guerre mondiale, rattrape l’usine qui connaît des changements importants. La SMN est mise sous séquestre et l‘allemand Thyssen mis à l’écart de l’affaire. L’usine dans ces années de guerre produit du matériel militaire notamment des obus.

En 1917, est enfin allumé le premier haut-fourneau par le ministre Albert Thomas, l’usine peut enfin produire de l’acier en grande quantité.

Dès lors, et plus particulièrement dans l’entre-deux guerres, l’usine va faire appel à de nombreux ouvriers d’autres pays (chinois, russes, polonais, espagnols, italiens…) à venir travailler en son sein.

Pour loger ces ouvriers la direction de la SMN décide très tôt de construire une cité-jardin, proche de l’usine, selon les principes du paternalisme social. Cette cité offre de nombreux avantages aux habitants : salle de spectacle, écoles, clubs sportifs, infirmerie… permettant de vivre en quasi autarcie.

Détruites pratiquement complètement durant la seconde guerre mondiale, l’usine et la cité sont finalement reconstruites. Cette reconstruction permet à l’usine de produire dans les années suivantes des quantités très importantes d’acier, le pic est atteint au début des années 1970 avec une production de plus d’un million de tonnes d’acier dans l’année. Cette production permet aussi une augmentation du nombre d’employés, jusqu’à plus de 6000 personnes travaillent dans l’usine dans ces années-là. Malheureusement, la crise de l’acier touche finalement la Normande dans les années 1974-1975.

Les années suivantes vont se dérouler entre manifestations, réductions drastiques d’effectif, pertes d’argent et investissements (coulée continue, haut-fourneau hématite). La situation ne s’améliorent pas et Unimétal, nouveau propriétaire de l’usine, annonce la fermeture en 1991.

Le 5 novembre 1993, après 80 ans d’acier, le dernier haut-fourneau est arrêté… La SMN s’éteint définitivement.

Publicités